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Enjeux et contexte scientifique

lundi 22 mars 2010, par Marc Barbier, webmaster

D’un point de vue conceptuel, il existe plusieurs manières de définir le terme « innovation ». Par rapport aux notions de découverte ou d’invention, l’innovation a une dimension de transformation socio-technique concrète, et par rapport à la notion de changement une dimension d’intentionnalité. Etudier l’innovation, c’est alors analyser un processus d’émergence de la nouveauté qui procède de l’interaction entre le travail réalisé dans un milieu de conception (notamment les milieux de recherche et développement et des bureaux d’étude) et les milieux que forment les situations d’usage. Ce processus d’émergence recèle une dimension éminemment dialogique qui peut être explicitement intégrée dans l’analyse sachant que la fabrique du changement procède de la construction de promesses et de représentations du futur qui associent agencements techniques et mondes communs.

Ces évolutions conjointes du contexte et des approches de l’innovation nous conduisent à mettre l’accent sur deux plans complémentaires : les recherches sur l’innovation, et les recherches pour l’innovation.

1 Voir Pestre, D. (2003). Science, argent et politique. INRA, Coll. Sciences En Questions.

< !— @page margin : 2cm P margin-left : 1cm ; margin-bottom : 0.21cm ; text-align : justify P.western font-family : "Calibri" P.ctl font-weight : bold H3 margin-top : 0cm ; margin-bottom : 0cm H3.western font-family : "Cambria" ; font-style : italic H3.cjk font-family : "DejaVu Sans" ; font-style : italic H3.ctl font-family : "DejaVu Sans" ; font-size : 10pt P.sdfootnote margin-left : 0.5cm ; text-indent : -0.5cm ; margin-bottom : 0cm ; font-size : 10pt ; text-align : left A.sdfootnoteanc font-size : 57% A.sdfootnotesym-ctl font-family : "Times New Roman", serif —> En tant que notion fréquemment utilisée par les acteurs, le terme « innovation » est chargé de multiples significations. Il est généralement associé à une idéologie de progrès et au rôle clé « d’entrepreneurs héroïques » qui contribueraient au bien commun par leurs décisions individuelles. Or, ces deux références sont moins évidentes qu’elles ne l’étaient. D’une part, l’idée même que le progrès technique est source de progrès social et humain n’est plus autant partagée que, disons, au cours des trente glorieuses. D’autre part, les travaux sur l’histoire agricole récente montrent que la « modernisation agricole » ne s’est pas faite sans heurts et que la réalité d’un projet descendant est loin d’être corroborée par les travaux en histoire contemporaine. Reprenant l’idée qu’il existe des « régimes de production des connaissances scientifiques et techniques en société »1, on postule ici que la montée de la question de l’innovation témoigne d’une transition de régime qu’il s’agit de comprendre, voire d’accompagner. On propose alors de considérer l’innovation comme un phénomène socio-technique, c’est-à-dire comme un processus opérant des sélection dans des devenirs possibles, à l’interface entre une fabrication des techniques et des dynamiques d’action collective, plus ou moins contestées, plus ou moins agonistes, et toujours situées par rapport à l’irruption d’une nouveauté dans le réel.

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