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Première hyphothèse de travail

lundi 22 mars 2010, par Marc Barbier, webmaster

La première hypothèse postule un changement contemporain des modes de production des connaissances scientifiques et techniques, et de leurs liens avec les dynamiques de transformation de la société civile.

 

Après s’être longtemps fondées sur une dichotomie entre des approches « internalistes » et « externalistes », les études des sciences et des techniques (particulièrement sous l’influence de la communauté des Science and Technology Studies) ont développé des approches qui intègrent l’analyse de la production des concepts et des connaissances à celle de la dynamique des groupes sociaux. Cette intégration se conduit à plusieurs niveaux :

  • analyse des controverses sociotechniques ;

  • analyse des dynamiques des réseaux sociaux-techniques ;

  • analyse du rôle des connaissances et des objets dans l’action collective (classifications, normes de qualité et de sécurité, instruments d’action publique,…) ;

  • analyse des pratiques de recherche et de leur organisation.

Cependant les « régimes » de production et de mobilisation des connaissances scientifiques sont en pleine évolution. Citons, à titre d’exemple, l’émergence d’une société du risque, et son impact non seulement sur les dynamiques scientifiques, mais aussi socio-politiques qui adressent à la recherche des objectifs d’évaluation et de prise en charge d’une gestion des risques collectifs ; ou encore les politiques d’innovation qui conduisent les milieux de recherche à devoir composer avec des incitations et parfois des injonctions ; ou enfin la volonté de plus en plus affichée, tant dans les milieux de recherche que dans la société civile, de « recherche en partenariat ».

Face à ces évolutions, l’intérêt pour l’étude des modes de production des connaissances s’en trouve renouvelé. En témoigne la place croissante que leur consacrent des disciplines qui s’intéressent aux activités humaines, à l’action située et au management des connaissances (ergonomie cognitive, psychologie sociale, sciences de gestion).

Les différents travaux développés dans l’unité prennent donc au sérieux la production des connaissances et son évolution, considérant à la fois leur contenu, leur contexte et les interactions entre contenu et contexte. Par exemple, nous intéresse la façon dont le développement de la biologie à haut débit ou des biotechnologies végétales ou animales, s’inscrivant dans un contexte de capitalisme cognitif et de contestations sociales, conduit à redéfinir le cadre et les enjeux de la recherche agronomique. De la même façon nous intéresse la façon dont la généralisation d’un discours d’écologisation de la production agricole s’inscrivant dans un redéploiement du développement agricole conduit à redéfinir l’intégration des sciences agronomiques dans le métier d’ingénieur agronome.


 

Ces analyses, en termes d’étude des modes de production des connaissances, ont vocation à être mobilisées dans les différents objets de recherche de l’unité, qu’il s’agisse de processus d’innovation, d’expertise collective, de risques collectifs, de développement territorial ou d’activités de conseil.

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